Indicateur Artema : 2022 se termine bien mais le pessimisme pour l’avenir gagne du terrain

Les professions d’Artema – l’organisation professionnelle des industriels de la Mécatronique - réalisent un meilleur quatrième trimestre 2022 que prévu mais s’inquiètent pour les commandes des prochains mois.

Le quatrième trimestre 2022 aura finalement bien résisté et clôture une belle année 2022, riche en expériences. Les chiffres sont bien là et plutôt bons. La progression du chiffre d’affaires global des professions d’Artema devrait être significative. Une performance qui doit être à relativiser car nourrie par les augmentations de prix qui peuvent masquer selon les professions une stabilité voire une très légère baisse de l’activité en volume.

Avec un jour ouvré de moins que l’année dernière sur le trimestre, l’Indicateur global Artema reste à un bon niveau de facturation et résiste pour le carnet de commandes. Les transmissions hydrauliques et pneumatiques malgré une certaine érosion des commandes maintiennent de bons carnets de commandes. Les transmissions mécaniques restent solides.

Au niveau des secteurs utilisateurs malgré un sursaut automnal, l’automobile recule encore (-8% en 2022 en immatriculations pour les VP) et laisse définitivement derrière elle les niveaux de 2019 (-30% pour 2022/2019) sans beaucoup d’espoir de les rattraper prochainement. Même si le 1er trimestre 2023 s’annonce meilleur avec des immatriculations en hausse de 8% en janvier et si les carnets de commandes des constructeurs sont plutôt bons, les problèmes d’approvisionnement de semi- conducteurs vont perdurer et risquent encore d’impacter la production automobile en 2023.

Le secteur aéronautique est bien reparti en 2022, et 2023 s’annonce comme une bonne année pour nos professions présentes sur ce segment d’activité.
L’industrie confirme une bonne activité dans l’ensemble : le secteur des machines de production se maintient même si des interrogations apparaissent pour les investissements futurs ; le machinisme agricole reste dans une conjoncture favorable et promet un premier semestre déjà garanti. Les équipements pour le BTP et la manutention conservent également des carnets bien garnis.

Un pessimisme exacerbé par l’ambiance générale

Aujourd’hui, les indicateurs d’incertitude restent hauts, l’inquiétude perdure et la visibilité se fige au bord du premier semestre. Plusieurs raisons expliquent un contexte fortement anxiogène. Tout d’abord, la croissance du chiffre d’affaires peut parfois apparaître comme artificielle, gonflée par les hausses de prix et non engendrée par une véritable croissance de l’activité.

D’autres raisons laissent un goût amer aux industriels, en majorité « plus pessimistes que leurs chiffres » : l’inflation généralisée, les pénuries de matières premières et de composants toujours présentes, la hausse de la facture énergétique (très pénalisante pour de nombreux secteurs de la mécanique) et le recrutement très difficile.

À toutes ces causes se juxtaposent les inquiétudes internationales, conflit Ukraine/ Russie, ralentissement de l’Allemagne, crise immobilière en Chine… L’anxiété crée l’anxiété : les prévisions macroéconomiques plutôt pessimistes de ces derniers mois alimentent la morosité, passent de la macroéconomie à la microéconomie et n’arrangent rien au niveau du moral des entreprises ou des ménages. Enfin, la consommation, l’investissement restent des variables plus sensibles que jamais au contexte extérieur et jouent un rôle d’amplificateur dans un sens ou dans un autre.

Depuis quelques semaines, dans un océan de pessimisme souffle une brise d’optimisme avec l’apparition de nouvelles prévisions de croissance 2023 révisées à la hausse notamment celles du FMI pour le Monde (+2,9%) et pour la France (+0,7%). La commission européenne voit elle, la croissance française cette année à +0,6% contre

0,4% en octobre 2022. Toutes ces nouvelles perspectives créent un impact positif sur le moral. Bien entendu, une grande prudence accompagne toute bonne nouvelle, telle la croissance « faiblement positive » prévue par le Gouverneur de la Banque de France début décembre 2022.

D’ailleurs, les visions sombres pour 2023 pour l’Allemagne, avec des « Allemagne : Récession imminente ! » titrées dans les médias se sont adoucies également en décembre, l’IFO prévoyant finalement une quasi stabilité à -0,1%.

Au final, malgré les carnets qui restent fournis, les prévisions pour les prochains mois de nos professions, représentées par la courbe rouge, plongent en zone négative dans l’Indicateur Global pour la première fois depuis décembre 2020. Elles absorbent sûrement une part de toutes les inquiétudes ambiantes. Un signal à ne pas prendre à la légère mais à mettre aussi en perspective. Les prévisions 2023 des professions se situent en effet entre 0 et +5% en valeur comparée à une bonne année 2022. Oui, certaines professions s’attendent, donc, compte tenu de l’inflation, à des baisses en volumes. Pour tout le monde une année étale (en volume) serait donc déjà un bel accomplissement.

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