La faible demande et la trésorerie au cœur des préoccupations d’Artema

Après la crise sanitaire et le confinement, place à la crise économique. Les adhérents d'Artema, syndicat des industriels de la mécatronique, membre de La Fédération des industries mécaniques (FIM), prennent de plein fouet ce retournement brutal de conjoncture. Retour sur cette période difficile avec la déléguée générale de l'organisation, Laurence Chérillat.
Lecture : 4 minutes
Laurence Chérillat, déléguée générale d’Artema

Comment vos adhérents vivent-t-il la crise actuellement ? 

Face à l’arrêt brutal des marchés, au confinement et à la désorganisation, les adhérents ont rapidement réagi pour assurer la sécurité des salariés, informer les clients et les fournisseurs, prendre les mesures préventives et participer à l’élan de solidarité envers le monde hospitalier avec la fabrication de visières en impression 3D et la fourniture de composants pour les respirateurs…

Une enquête portant sur quatre-vingts adhérents d’Artema révèle que début mai tous ont été ouverts, avec un taux d’activité de plus de 50% pour la moitié d’entre eux. Les baisses de chiffres d’affaires enregistrées sont de l’ordre de -23% en mars, -45% en avril et -40% en mai par rapport à 2019. Quant aux difficultés rencontrées, elles ont essentiellement concerné la demande clients insuffisante (pour 82% des adhérents) et les retards de paiement (60%) ainsi que de fortes tensions sur la trésorerie. Dans ces conditions, le maintien des mesures d’accompagnement et notamment le dispositif d’activité partielle ont été vitaux pour notre secteur et pour l’industrie. Seules les entreprises fournissant les secteurs de l’énergie, l’agroalimentaire et la santé ont été nettement moins touchées.

Comment se positionne Artema vis-à-vis de cette crise à la fois sanitaire et économique ?

Artema s’est tout de suite organisé pour répondre aux interrogations et inquiétudes des adhérents (télétravail, suivi des annonces des mesures mises en place). Située à un carrefour d’informations et grâce à des enquêtes sur la situation des adhérents, Artema a fait remonter aux pouvoirs publics les difficultés rencontrées et a obtenu des réponses. Notre plateforme collaborative et sociale My Artema a été un outil indispensable pour passer les informations, recueillir les commentaires. Sur le plan sanitaire, Artema s’est associé à la FIM et au Cetim pour passer une commande de masques : trente adhérents y ont souscrit et notamment les PMI. Mais la vie du syndicat ne s’est pas arrêtée pour autant (réunions des groupes professionnels, avancée des travaux collectifs avec plusieurs guides ou recommandations qui devraient sortir avant l’été, réunions du bureau et du conseil d’administration).

Comment la mécatronique peut-elle aider les entreprises à rebondir ? 

Cette crise va provoquer des changements dans les entreprises et sans doute une accélération de l’automatisation, de la maintenance à distance et des process plus durables ; la mécatronique peut largement y contribuer et aider à optimiser les lignes de fabrication, leur maintenance (et donc leur taux de service) et l’efficacité énergétique.

« Le maintien des mesures d’accompagnement et notamment le dispositif d’activité partielle ont été vitaux pour notre secteur et pour l’industrie. Seules les entreprises fournissant les secteurs de l’énergie, l’agroalimentaire et la santé ont été nettement moins touchées.»

Lire la suite
Olivier Guillon – MRJ PRESSE
Rédacteur en chef du magazine Production Maintenance, Olivier Guillon travaille depuis plus de quinze en tant que journaliste dans le domaine de la presse spécialisée et industrielle.
Sur le même sujet

Comment Onogone veut détecter les défauts de production textile grâce à l’IA

Selon l’Union des industries textiles, en moyenne, 100 mètres carrés de tissu sont produits ou importés par personne par an en France. Et environ un quart est jeté en raison de défauts constatés au moment de la production. Pour Pierre Magrangeas, fondateur d’Onogone, entreprise française de vingt-cinq salariés spécialisée dans l’accompagnement des entreprises dans le […]

Victime d’une cyberattaque, le groupe Schmersal reprend ses activités

« Notre téléphone a sonné le 20 mai à 16h45 : le groupe Schmersal a officiellement été informé que des cybercriminels préparaient une attaque ciblée sur le réseau de l’entreprise, relate-t-on au sein du groupe allemand. En l’espace de 90 minutes, le système informatique complet était déconnecté dans le monde entier. Plus rien ne fonctionnait : […]